lundi, 21 juin 2021 04:45

GROS PLAN SUR... Cette semaine : 031 - L’emploi de la particule préverbale « OA »

hiva oa tiki souriant Copy
Gros plan du tiki de Utukuà à Punaèi, Hiva Oa

GROS PLAN SUR…


Une des missions de l’Académie marquisienne est de valoriser le èo ènana, la langue des îles Marquises ; dans ce but, elle se doit d’éclaircir un certain nombre de points de grammaire et de vocabulaire qui posent problème aux locuteurs.

Sous le titre « GROS PLAN SUR… », elle se propose ici, chaque semaine, de mettre en avant un aspect de cette langue au fil d’éclaircissements donnés en français afin de ne pas défavoriser ceux qui ne la maîtrisent pas.

 

SOMMAIRE

001 – La question des deux langues nord-ouest et sud-est

002 – La graphie ou orthographie du marquisien

003 – L’allongement naturel de l’avant-dernière syllabe

004 – Les signes diacritiques (ou accents) de la langue marquisienne

005 – L’occlusive glottale, ou simplement glottale (tūkinaèo)

006 – Le macron (haatokoìaèo)

007 – L’accent circonflexe (uhiuhi)

008 – Le « k » de Ua Pou

009 – Le « h » et le « f »

010 – Le son /s/

011 – La nature des mots marquisiens

012 – Les mots-bases du marquisien

013 – Le marquisien, une langue agglutinante

014 – Les articles TE et HE

015 – Le genre des mots marquisiens (masculin/féminin)

016 – Le procédé de réduplication

017 – L’expression du duel, pluriel à deux

018 – L’expression du pluriel, à partir de trois

019 – Les pronoms personnels TĀTOU, MĀTOU

020 – Les particules démonstratives NEI, NĀ, AA/Â

021 – Les énoncés équationnels (phrases sans verbe « être »)

022 – La notion de temps en marquisien

023 – La particule préverbale « A »

024 – La particule préverbale « E »

025 – La particule préverbale « E + BV + NEI, ANA, AA/ »

026 – La particule préverbale « UA/U »

027 – La particule préverbale « I »

028 – La particule préverbale « IA »

029 – La particule préverbale « OI »

030 - La particule préverbale « MEI »

031 – La particule préverbale « OA »

032 – L’introduction des compléments par des prépositions

033 – La proposition finale ou de but

034 – La négation « AÒÈ »

035 – L’interdiction avec « UMOÌ » et « AUA »

036 – Les deux prépositions-mères : « I » et « MA »

037 – « ME » conjonction et préposition

038 – La préposition « IO »

039 – Les démonstratifs locatifs formés avec « I »

040 - Les particules directionnelles postverbales « MAI, ATU, AÈ, IHO »

041 – La particule directionnelle « MAI »

042 – La particule directionnelle « ATU »

043 – L’appartenance en « O, TO, NO » et « A, TA, NA »

044 – La comparaison de SUPÉRIORITÉ (Règle générale) ;
en français, traduction de : PLUS… QUE

045 – La comparaison de SUPÉRIORITÉ (Particularités) ;
en français, traduction de : PLUS QUE…

046 – La comparaison d’INFÉRIORITÉ ;
en français, traduction de : MOINS QUE…

047 – La comparaison d’ÉGALITÉ ;
en français, traduction de : AUSSI … QUE, AUTANT … QUE…

048 – La supériorité absolue ;
en français, traduction de TRÈS + adjectif/adverbe.

049 – La supériorité relative ;
en français, traduction de LE/LA PLUS + adjectif/adverbe + DU/DE LA/DES…

 (De nombreux autres articles sont en préparation...)

 

BIBLIOGRAPHIE

*- Académie tahitienne – Fare Vāna’a : « Grammaire de la langue tahitienne », Tahiti, 1986

*- Lazard, Gilbert et Pelzer, Louise : « Structure de la langue tahitienne », Slat 391, Éditions Peeters, 2000

*- Tetahiotupa, Edgar : « Parlons marquisien », l’Harmattan, Paris, 2009

*- Vernaudon, Jacques ; Paia, Mirose : Méthode de Tahitien « Ia ora na », INALCO, Paris, 2000

*- Zewen, Père François, « Introduction à la langue des îles Marquises – Le Parler de Nukuhiva – Hamani ha’avivini ‘i te ‘eo ‘enana », Haere Pō, Tahiti, 1987, 2014, 2016.

 

001 – GROS PLAN SUR… La question des deux langues nord-ouest et sud-est


A) – Les deux langues des linguistes

Jusqu’à ce jour, les linguistes spécialistes du Pacifique rapportent qu’il existe deux langues marquisiennes : une pour les trois îles du nord-ouest (Uapou, Uahuna et Nukuhiva), et une pour les trois îles du sud-est (Hivaoa, Tahuata et Fatuiva).

L’Académie juge cette différenciation inappropriée et publiera prochainement un article donnant son point de vue approfondit.


B) – Les différents parlers marquisiens

En attendant, et très brièvement, voyons ce qu’il en est vraiment des différents parlers marquisiens.

Tout Marquisien maîtrisant sa langue, qui voyage dans l’archipel, comprend sans difficulté ce que lui disent ses frères et sœurs marquisiens sur chacune des six îles visitées ; il n’éprouve, non plus, aucune difficulté à se faire comprendre.

En effet, il n’existe qu’une seule langue marquisienne avec six parlers spécifiques à chaque île.


C) – Les raisons de la division linguistique binaire nord-sud

Les linguistes mentionnés plus haut (qui ne parlent pas correctement le marquisien, pour la plupart d’entre eux) se sont focalisés sur la manière différente entre le nord et le sud d’exprimer un certain nombre de notions.


1) - La voix passive

En effet, là où les trois îles du nord disent « Ua peàuìa mai. / On me l’a dit. », celles du sud disent « Ua peàutia mai. »

2) – La nominalisation du verbe par adjonction du suffixe –ìa (n) et -tina (s) :

Pour dire « la demande », on dit « te apeìa » au nord et « te apetina » au sud.

3) - Ces mêmes linguistes ont aussi basé leur différenciation erronée sur deux mutations nord-sud :


a) - celle du « h » en « f » : henua/fenua (pays, terre) ; hiti/fiti (monter)

b) - celle du « k » en « n » : nohoka/nohona (siège, chaise) ; metaki/metani (vent).

Pourtant, cette mutation n’est pas systématique, et certains mots suivant cette formation perdurent dans toutes les îles comme : matena (la mort), pāona (dernier).


4) - Quelques particularités de chaque île contredisent cette division binaire nord-sud


a) - Uapou est la seule île où le « k » s’emploie toujours à foison : dans le préfixe haka-, pour les pronoms koe, kōtou et le verbe kite

b) - Bien que faisant partie du groupe nord-ouest, l’île de Uahuka était toujours appelée Uahuna dans le passé ; désormais, on y entend les deux prononciations surtout depuis la résurgence de la Légende de la Création des îles Marquises au cours des années 1980. De plus, le « k » y est parfois remplacé par « n » : ikoa/inoa, metaki/metani. Parfois, tout comme pour désigner les chèvres, on y emploie le mot du sud : menē/keukeu.

c) - Du côté du sud-est, les îles ont en effet un stock commun de mots différents de ceux du nord : noho/kaapee (rester) ; ùmihi/ìmi (chercher) ; tutuki/âvei (rencontrer), hei/afi (convenir), mais chacune d’entre elle, et particulièrement Fatuiva, dispose de mots qui lui sont propres, principalement marqués par la disparition de la lettre « k » : maki/maì (blessure, plaie) ; kai/ài (manger) ; kāvaìvaì/âvaìvaì (mélanger) ; kūiea/ihipuna //miti (cuillère), etc.


CONCLUSION

Ces nombreuses variantes lexicales ne permettent pas de caractériser deux langues mais bien une seule et unique langue partageant les variantes régionales des six îles habitées du Henua ènana.

 

002 – GROS PLAN SUR… La graphie ou orthographie du marquisien

Fondée par décret le 27 janvier 2000, c’est le 15 octobre 2001 que l’Académie marquisienne fait le choix radical de la graphie « liée ». C’est une orthographe largement inspirée par celle employée par les missionnaires catholiques du XIXème siècle ; elle est aussi fortement influencée par les travaux du linguiste tahitien Turo Raapoto.

Le lecteur peut se familiariser avec la totalité du sujet en suivant le lien suivant ; il s’agit ici d’en donner les principales caractéristiques.

http://www.academiemarquisienne.com/index.php/pages/service-1/langue-marquisienne/item/46-graphie-officielle-de-l-academie-marquisienne-version-complete-modifiee-du-09-10-2020

Cette graphie est appelée « liée » parce que :

* - elle ne positionne pas l’occlusive glottale avant la voyelle, comme une apostrophe, mais sur la voyelle, comme un accent grave : paòpaò et non pa’opa’o.

* - elle ne sépare pas deux voyelles identiques par la glottale : haaòko et non ha’a’oko.

Cette absence de rupture visuelle permet une meilleure vision globale du mot concerné sans le priver des signes qui caractérisent sa prononciation.


003 – GROS PLAN SUR… L’allongement naturel de l’avant-dernière syllabe

L’avant-dernière (ou pénultième) syllabe des mots pris individuellement (hors contexte) est naturellement longue ; il est donc inutile de la marquer d’un macron pour signaler cet allongement originel : au, kui, potu, motua, paaoa, manihii.

 

004 – GROS PLAN SUR… Les signes diacritiques (ou accents) de la langue marquisienne. Il s’agit ici d’un résumé rapide d’un article dont le lecteur trouvera la totalité en cliquant sur le lien suivant.


 
http://www.academiemarquisienne.com/index.php/pages/service-1/langue-marquisienne/item/46-graphie-officielle-de-l-academie-marquisienne-version-complete-modifiee-du-09-10-2020


La langue marquisienne emploie trois signes diacritiques qui permettent de modifier la prononciation des voyelles et qui seront étudiés individuellement dans les prochains épisodes de « Gros Plan Sur… ».


1) – L’occlusive glottale, ou glottale, nommée tūkinaèo, qui vient heurter la voyelle sur laquelle elle s’applique comme un accent grave : (à, è, ì, ò, ù).

2) – Le macron, nommé haatokoìaèo, qui vient allonger la voyelle au-dessus de laquelle il est appliqué : (ā, ē, ī, ō, ū)

3) – L’accent circonflexe, nommé uhiuhi, qui vient s’appliquer sur la voyelle en combinant la glottale et le macron ; la voyelle est alors à la fois longue et heurtée : (â, ê, î, ô, û).

 

005 – GROS PLAN SUR… L’occlusive glottale, ou simplement glottale (tūkinaèo)


On la nomme tūkinaèo.

L’occlusive glottale est matérialisée par un accent grave appliqué sur les voyelles indiquant ainsi qu’elles sont heurtées : àma ≠ ama ; èpo ≠ epō ; ìmu ≠ ipu ; òko ≠ oko ; ùa ≠ ua.

Important : La glottale est la trace visible d’une consonne disparue (k, l, r) makimaki/maìmaì ; kai/ài ; komako/òmaò.

Il s’agit ici d’un résumé rapide d’un article dont le lecteur trouvera la totalité en cliquant sur ce lien.


006 – GROS PLAN SUR… Le macron (haatokoìaèo)

C’est un trait horizontal appliqué sur la voyelle afin de marquer son allongement ou longueur vocalique : hā/fā (chiffre 4), uē, kī, hō, pū. Lorsque le macron est placé sur la dernière syllabe du mot, l’accentuation du mot entier se déplace vers elle : hakatu/ haka, he/fe.

Il s’agit ici d’un résumé rapide d’un article dont le lecteur trouvera la totalité en cliquant sur ce lien.


007 – GROS PLAN SUR… L’accent circonflexe (uhiuhi)

C’est une combinaison de la glottale (à) et du macron (ā) : â. La voyelle est en même temps longue et heurtée : âtou, keâ, keî (énorme ≠ keì/creuser), moû, ôtou. Lorsque l’accent circonflexe est placé sur la dernière syllabe du mot, l’accentuation du mot entier se déplace vers elle.

Il s’agit ici d’un résumé rapide d’un article dont le lecteur trouvera la totalité en cliquant sur ce lien.

 

008 – GROS PLAN SUR… Le « k » de Uapou 

Cette île est la seule de l’archipel où le « k » perdure là où il a disparu dans les autres îles où l’on trouve : anaè, haapao, ìte, òe, ôtou, ôùa, māòna, tootahi. À Uapou : anake, hakapao, kite, koe, kōtou, kōùa, mākona, tokotahi.


009 – GROS PLAN SUR… Le « h » et le « f »

Une des caractéristiques de la langue marquisienne est, selon les îles, la mutation du « h » en « f » :

Nukuhiva, Uapou, Uahuna : haki, hati, hatu, henua, hiti, hitu, …

Hivaoa, Tahuata, Fatuiva : faì, fati, fatu, fenua, fiti, fitu, …

Attention, cette mutation n’est pas systématique ! Les mots suivants s’écrivent et se disent de la même manière partout : hakatu, hāmani, haìna ; et aucun préfixe haka-/haa- ne mute jamais en faa-.


010 – GROS PLAN SUR… Le son /s/

Bien que lettre « s » soit absente de l’alphabet marquisien, le son /s/ est fréquemment oralisé ; sa présence a deux origines possibles :

1) - C’est le résultat d’un phénomène articulatoire, nommé palatalisation, qui concerne principalement les voyelles fermées et qui provoque un glissement du « h » précédé de « i » vers le « s » : I hea ? (Où ?) prononcé /isea/.

2) - Ce phénomène s’est intensifié avec l’arrivée des étrangers et leurs mots contenant le son /s/ ; l’Académie recommande de l’écrire « h » :

*- Shoe (chaussure, en anglais) : aihū, souvent prononcé /aisu/.

*- Cheval : ihovare, parfois prononcé horave, hoare, sorave ou sovare.

 

011 – GROS PLAN SUR… La nature des mots marquisiens


Il n’existe que deux natures de mots :

1) - Les noms communs qui répondent à la question « E aha ? » :

« E aha tenā ? » « E potu tenā. » (Qu’est-ce que c’est ? C’est un chat ?)

2) - Les noms propres qui répondent à la question « O ai ? » :

« O ai òe ? » « O Moe au. » (Qui es-tu ? Je suis Moe.)

« O ai teâ tuaivi ? » « O Muake. » (Quelle [Qui] est cette montagne ? » « C’est Muake. »

 

012 – GROS PLAN SUR… Les mots-bases du marquisien

En marquisien, la plupart des mots sont des mots-bases ; ils n’ont pas de fonction grammaticale déterminée à l’avance. Cela signifie qu’ils renferment une notion qui prend une fonction grammaticale différente selon la place occupée dans la phrase et les autres mots de cette phrase.

Par exemple, le mot-base « kāòha » peut s’employer avec la fonction de :

1) - Salutation : « Kāòha tātou paotū ! » (Bonjour à tous !)

2) - Exclamation : « Kāòha à ! » (Ça fait pitié !)

3) - Verbe à sens actif :

*- « A kāòha atu kāòha mai te hoa i te hoa ! » (Aimez-vous les uns les autres.)

4) - Adjectif : Mea kāòha teâ mahaì. (Ce garçon est compatissant.)

5) - Verbe au passif : Aòè te tumu hakako i kāòhaìa e te tōìki. (Le professeur n’a pas été salué par les enfants.)

6) - Nom commun /substantif : « A haatihe atu i to ù kāòha i to òe motuakui ! » (Transmet mon bonjour à tes parents !)

 

013 – GROS PLAN SUR… Le marquisien, une langue agglutinante

langues pacifique

Zone d'étendue des langues austronésiennes

« La langue marquisienne fait partie des langues austronésiennes qui sont parlées à Madagascar, en Asie du Sud-Est, dans l'océan Pacifique et à Taïwan. Au nombre de 1 268, elles constituent la 2e famille de langues du monde après celle des langues nigéro-congolaises.
Le foyer d'origine de toutes ces langues semble être l'extrémité sud-est de la Chine du Sud ou Taïwan (en mauve, tout en haut sur la carte) où vivent encore aujourd'hui des populations austronésiennes.
Ces langues se distinguent par de procédés qui permettent la formation de mots dérivés tels la réduplication (voir article 016) et l'adjonction de préfixes et suffixes à une base. De même, l’agglutination de mots permet la construction d’énoncés. » (D’après Wikipédia)

Dans les langues européennes qui nous sont familières (français, anglais, allemand, espagnol, …), les mots sont reliés entre eux par des particules dénommées conjonctions ou prépositions. Comme la plupart des langues austronésiennes issues du sud-est asiatique, le marquisien est une langue agglutinante, c’est-à-dire que les mots se placent les uns après les autres en fonction de leur importance, conformément aux règles de la langue et en commençant par le plus significatif d’entre eux : haè hāmani (haèhāmani) kaùoo (Litt. : maison livre grand) = une grande école) ; vehine kōpū tama (Litt. : femme ventre enfant) = femme enceinte.

On notera aussi que le qualificatif suit le mot qualifié.

 

014 – GROS PLAN SUR… Les articles TE et HE

Ils peuvent être suivis d’un mot masculin, féminin, singulier ou pluriel.

*- HE fait plutôt fonction d’article indéfini qui caractérise un ou des éléments faisant partie d’un groupe :

He potu tenā. (Cela est un chat.) ; he mou potu (ce sont des chats)

*- TE fait plutôt fonction d’article défini : te vāhana/āhana (l’homme, le mari), te vehine (la femme, l’épouse), te ènana (l’homme en tant qu’être humain), te poì (les gens).


Pour consulter la totalité de l’article traitant de ce sujet, cliquer ici.

 

015 – GROS PLAN SUR… Le genre et le nombre des mots marquisiens (masculin/féminin, singulier/pluriel)


Les mots marquisiens n’ont pas de genre grammatical défini ; c’est le sens du mot qui définit son genre : te àki/àni (le ciel), te tai (la mer), te vāhana/āhana (l’homme, le mari), te vehine (la femme, l’épouse).

Dans certains cas, des mots définissant le sexe mâle ou femelle sont placés devant le vocable à qualifier : te toa piha (le taureau), te koivi menē (la chèvre) (Op. Cit. Zewen p. 21 - 6)

L’expression du pluriel sera développée dans les prochains articles ; pour l’instant, il suffit de savoir que, les mots étant quasiment invariables, le pluriel s’exprime soit en redupliquant la/une partie antérieure du mot, soit en le faisant précéder d’un mot à usage collectif qui le pluralise.

 

016 – GROS PLAN SUR… Le procédé de réduplication


La réduplication est un phénomène de redoublement d’une partie antérieure d’un mot, ou d’un mot entier, afin d’exprimer une notion de :

1) – Duel, c’est-à-dire une notion de pluriel s’appliquant à une paire : te ìma/nā îìma (la main : les mains) ; hee/hehee (aller/aller à deux).

2) – Répétition d’une action : tā/tātā (taper/taper à plusieurs reprises) ; pehi/pehipehi (lancer/lancer à plusieurs reprises).

3) – Durée : tekao/tekatekao (parler/bavarder longtemps).

4) – Intensité : maù/maùmaù (ombragé/très ombragé) ; toto/totototo (sang/ensanglanté).

Attention : la réduplication n’est pas systématique, et se conforme à des règles d’usage : on ne peut redupliquer les mots selon son humeur… à moins de faire de la poésie…

 

017 – GROS PLAN SUR… Le duel, le pluriel à deux

En dehors des troisièmes personnes du singulier et du pluriel, la langue marquisienne possède des pronoms duels, c’est-à-dire concernant deux personnes seulement :


1) – 1ère personne duel

a) - tāua : nous deux (ici, moi, et toi auquel je m’adresse)

b) - māua : nous deux (moi et quelqu’un d’autre que toi ici)

* - « A hee tāua i te ika hī. » (Allons à la pêche ! [Toi et moi]

* - « Ua hee māua me Moe i te ika hī. » (Moe et moi, nous sommes allés à la pêche [mais pas toi auquel je m’adresse].

2) – 2ème personne duel : ôùa (vous deux)

« A mai ôùa ! » (Venez ici vous deux !)

3) – 3ème personne duel : âua (eux/elles deux)

« Ua ìte au ia âua. » (Je les ai vu/vues tous/toutes les deux.)

 

018 – GROS PLAN SUR… L’expression du pluriel à partir de trois

Les mots étant invariables en nombre, il existe plusieurs manières d’exprimer le pluriel :


1) – Par le contexte : Mea nui te poì (Il y a beaucoup de gens.)

2) – En redupliquant un mot ou une partie de ce mot (voir : Gros plan sur…  N° 15) : te ìma/nā îìma (la main/les mains) ; te kaù/ mea kaùkaù te tai (la vague/la mer est agitée)

3) – Avec un numéral : e toù moa (trois poulets)

4) – En faisant précéder le mot concerné de noms collectifs qui le pluralisent :


a) – mou (quelques) : te mou vehine (quelques femmes)

b) – tau : te tau ika (les poissons)

c) – poì (les gens) : te poì àvaika (les pêcheurs)

d) – huaa (pour les humains seulement) : te huaa Peàto (les Saints)

e) – papa (pour les humains seulement) : te papa hakāìki (les chefs)

f) – hatu : te hatu menē (les chèvres)

g) – naho : te naho puaka (les cochons)

h) – puke : te puke tama (les enfants)

i) – maa (pour les végétaux seulement) : te maaâkau (les arbres = la forêt)

 

019 – GROS PLAN SUR… Les deux pronoms personnels de la 1ère personne du pluriel masculin et féminin : tātou/mātou. Ils s’emploient à partir de trois personnes.


1) – TĀTOU est inclusif de l’interlocuteur ; l’interlocuteur est inclus dans le groupe « NOUS » :

*- « A kai TĀTOU ! » (Mangeons ! [sous-entendu : NOUS TOUS qui sommes ici.])

2) – MĀTOU est exclusif de l’interlocuteur : l’interlocuteur est exclu du groupe « NOUS » :

*- « I Nukuhiva, e peàu MĀTOU « Òe » ; i Uapou, e peàu ôtou « Koe. »
(À Nukuhiva, NOUS, SANS VOUS, NOUS disons « Òe » (Tu, toi) ; à Uapou, vous dites « Koe. »

020 – GROS PLAN SUR… Les particules démonstratives


1) - Elles sont au nombre de trois : NEI, NĀ et Â/AA, et servent à localiser un élément dans l’espace et le temps par rapport au contexte.

2) – Elles correspondent aux trois personnes :


a) - NEI renvoie à la 1ère personne :
JE, MOI, NOUS, ici et/ou maintenant.

b) – NĀ renvoie à la 2ème personne : TU, TOI, VOUS, là et/ou à un autre moment proche.

c) – AA/Â renvoient à la 3ème personne : IL, ELLE, EUX, ILS, ELLES, là-bas et/ou à un autre moment lointain.


3) – Elles se combinent à l’article TE pour former des démonstratifs corrélatifs aux mêmes notions spatio-temporelles :


a) – TĒNEI : ceci, celui-ci, celle-ci

b) – TENĀ : cela, celui-là, celle-là

c) – TE : cela là-bas, celui-là là-bas, celle-là là-bas (plus loin dans l’espace ou le temps)


*- No ù tēnei pāririuì >>> Cette voiture-ci est à moi. >>> Te pāririuì nei.

*- No òe tenā pāririuì >>> Cette voiture- est à toi.>>> Te pāririuì nā.

*- No īa teâ pāririuì >>> Cette voiture là-bas est à lui/elle.>>> Te pāririuì aa/â.

4) – Elles se combinent à la base « PĒÈ- » pour former les démonstratifs comparatifs répondant à l’interrogatif : PĒÈHA ? Comment ?


a) - PĒÈNEI : Comme ceci, ici, près de moi.

b) - PĒÈNĀ : Comme cela, près de toi.

c) - PĒÈ : Comme ça, là-bas.

*- Pēèha te hana ? Pēènei, koè nui pēènā !

*- Comment faire ce travail ? Comme ceci, surtout pas comme cela !


5) – HUA est le démonstratif de RAPPEL (ou corrélatif) ; il renvoie à un sujet de conversation déjà évoqué :

« Ua ìte òe ia Moana ? » « Aòè, aê au i ìte i hua ènana. »

(Connais-tu Moana ? Non, je ne connais pas cet homme (dont tu me parles). »


6) – TĒIA est le démonstratif indéfini ; il s’applique lorsque le contexte est incertain, inconnu, indéfini dans le temps et l’espace :


*- I tēia â, i tēia â, ua topatopa to īa ūo i te hana.

(De jour en jour, son entrain au travail diminua/diminuait.)

*- « O ai òa tēia ? » « Qui c’est celui-là ? » (En parlant d’un inconnu.)

 

021 – GROS PLAN SUR… Les énoncés équationnels (phrases sans verbe « être ») (Zewen, Op. Cit. P ; 27-29)

La langue marquisienne ne possède de verbe « être ». Afin de manifester une équivalence entre un « sujet » et ses « attributs », les phrases se construisent sous forme d’équation : la première partie équivaut à la deuxième (X1 = X2). Pour les lecteurs plus avancés, en linguistique, une phrase se dit « énoncé » ; dans un énoncé marquisien, le sujet et ses attributs sont inversés par rapport au français.

En marquisien, les énoncés peuvent se construire avec :

1) – La particule MEA afin de présenter une qualité du sujet :

*- Mea nui te ihovare. >>> Mea nui = te ihovare.

>>> Chose nombreuse = les chevaux.

*- Les chevaux sont nombreux.


2) – Un locatif et l’interrogatif concerné I HEA ? :

*- I hea to òe kui ? /I Hatiheu to ù kui.

>>> I hea = to òe kui ? / I Hatiheu. = to ù kui.

>>> = ta mère ? / À Hatiheu = ma mère.

*- Où est ta mère ? Ma mère est à Hatiheu.


3) – La particule E qui définit la nature d’un élément :

*- E tātihi tenā hāoè. >>> E tātihi = tenā hāoè.

>>> Ø Médecin = cet étranger.

*- Cet étranger est médecin.


4) – L’article indéfini HE :

*- He haè (kanahau) tēnei. >>> He haè (kanahau) = tēnei.

>>> Une (belle) maison = ceci.

*- Ceci est (c’est) une (belle) maison.


5) – La particule présentative O :

*- O ai teâ motu ? /O Uahuna teâ motu.

>>> O ai = teâ motu ? /O Uahuna = teâ motu.

>>> Qui = cette île-là ? / Ø Uahuna = cette île-là.

*- Quelle est cette île-là ? Cette île-là est Uahuna.


Afin de mieux saisir les nuances entre E et HE, consulter l’article traitant du sujet en cliquant sur ce lien.

 

022 – GROS PLAN SUR… La notion de temps en marquisien

Dans les langues européennes, et particulièrement dans les langues issues du latin comme le français, le verbe subit des modifications, appelées flexions, qui apparaissent quand il est conjugué selon les personnes et les temps (Ex : faire : je ferai, je faisais, je fis)

En marquisien, le mot-base employé comme verbe n’est pas conjugué : il ne subit aucune modification, mis à part le duel déjà étudié au N° 16.

Ce sont des particules se plaçant devant le verbe qui donnent la tonalité temporelle, la notion du temps de l’énoncé à venir : notion révolue (passée), notion non-révolue (pas encore passée), souhaitable ou possible ou négative.

Ces particules sont présentées individuellement dans les articles qui suivent mais en voici quelques exemples avec le verbe « hee » /aller, s’en aller, partir :


1) – Non accompli/futur >>> E :

E hee au i Tahuata oìoì. >>> Je partirai à Tahuata demain.


2) – Accompli/passé >>> UA/U :

UA hee au i Tahuata i tīnahi. >>> Je suis allé à Tahuata hier.


3) – Non accompli, mais pas loin de l’être >>> MEI :

MEI hee au i Tahuata. >>> J’ai failli aller à Tahuata.

On notera que l’ordre des mots ne change pas quel que soit la notion temporelle utilisée.

 

023 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « A »


Elle marque l’aspect inchoatif, c’est-à-dire qu’elle provoque le déclenchement d’une action.

Elle exprime :

1) – L’injonction, l’ordre (impératif) :

*- A hee ! / Va-t’en ! Allez-vous-en !

*- A hīmene tātou ! / Chantons !

Dans ce cas, de par la rapidité de l’énoncé, le destinataire de l’ordre ainsi que les compléments du verbe disparaissent souvent :

*- A pā te puta ! (au lieu de : A pā òe i te puta !) / Ferme la porte !

2) – La conséquence d’une première action avec la locution « a tahi a/alors » :

*- Ua tau te àkiona, a tahi a iho mai te tau manihii.

*- L’avion se posa et alors, les touristes descendirent.

3) – C’est aussi à cause de cette notion de déclanchement qu’on trouve aussi la particule « A » devant les trois premiers nombres lancés avant une compétition : « A tahi, a ùa, a toù : a hee ! » / « Un, deux, trois : partez ! » (Noter la similitude avec : « À la une, à la deux, à la trois : partez ! »)

 

024 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « E » qui exprime différents aspects :


1) – Une action habituelle

*- Paotū te â, e vaa au i te hora e hā.

*- Tous les jours, je me réveille/lève à quatre heures.

2) – Une action future

*- Oìoì à, e vaa au i te hora e ìma ; paòpaò au.

*- Mais demain, je me réveillerai/lèverai à cinq heures ; je suis fatigué.

3) – Une action en cours avec les corrélatifs « nei, ana, aa ». Cette forme continue ou progressive peut s’employer dans les contextes temporels :

a) – Présent ou non-révolu :

*- E aha ta òe hana înei ? E nanu nei au i te huìmeika.

*- Qu’es-tu en train de faire ? Je suis en train de planter des pousses de bananiers

b) – Passé ou révolu, qui sera aussi indiqué par un autre marqueur temporel (ici, ua) :

*- E keu aa te tōìki i te pōpō, ua topa te ūa.

*- Les enfants jouaient au ballon quand il se mit à pleuvoir.

c) – Cet aspect est approfondi dans le N°025 qui suit.

4) – Une exhortation, c’est-à-dire un ordre, une injonction atténuée :

*- E aotahi meitaì òe i to òe motuakui ! / Écoute bien tes parents !

*- E hana i te hana ! / Il faut bien travailler !

 

Cliquer sur ce lien pour voir l’article traitant d’un autre aspect de « E ».

 

025 – GROS PLAN SUR… L’emploi de la particule préverbale « E » + BV (Base verbale) + « NEI, ANA, AA »

Cette combinaison s’emploie pour exprimer :

1) – La « forme progressive » qui décrit une action « en train de se réaliser » (Cf. anglais : Base verbale + -ING). Comme expliqué dans l’article N° 020, « NEI, ANA, AA » sont concomitants aux trois personnes du singulier et du pluriel.

a) – 1ère personne : E + BV +NEI

*- E tiòhi nei au (mātou, tātou, māua, tāua) i te atavii.

*- Je suis en train de regarder un film. (Nous sommes en train de regarder un film)

b) – 2ème personne : E + BV + ANA

*- E keu ana òe (ôtou, ôùa) i vaho.

*- Tu es en train de jouer dehors. (Vous êtes en train de jouer dehors.)

c) – 3ème personne : E + BV + AA/Â

*- E tiaki aa te tau tōìki (âtou, âua) i te tumu hakako.

*- Les enfants sont en train d’attendre le professeur. (Ils/elles sont en train d’attendre le professeur.)


2) – La concomitance, c’est-à-dire la réalisation de deux actions au même moment.

a) – 1ère personne : E + BV +NEI

*- E kaukau nei au i te vai, ua koè te vai.

*- J’étais en train de me doucher quand l’eau fut coupée.

b) – 2ème personne : E + BV + ANA

*- E hiti ana òe i Muake, a taa mai.

*- Quand tu seras en train de monter à Muake, appelle-moi !

c) – 3ème personne : E + BV + AA/Â

*- E hoe aa te tau ènana i te vaka, ua topa te ūa oko.

*- Les hommes étaient en train de ramer quand tomba une forte pluie.


3) – Remarques

a) – On constate que l’emploi de « E » n’est pas soumis à la notion de temps révolu ou non-révolu (a-), passé ; b) -, futur)

b) – Cet emploi n’est pas systématique ; il dépend de la position du locuteur par rapport aux éléments de l’énoncé et aussi de la relation personnelle entre eux. C’est le contexte qui est la clé de l’emploi de « E + NEI, ANA, AA/ ».

 

026 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « UA/U »

Elle exprime la notion de révolu : l’énoncé est considéré comme accompli. (Pour des raisons expliquées plus bas, le terme « révolu » est préférable au terme « passé » qui ne recouvre qu’une partie des cas concernés)

1) – Expression du passé révolu : l’action est considérée comme réalisée dans le passé :

*- Ma hope o te ūa oko, ua pī te tai i te kaùèhi.

*- Après les fortes pluies, la mer était pleine de débris de cocos.

Remarque : On constate que le « UA » se raccourcit habituellement en « U » avant :


a) - Un verbe de plus de 2 syllabes :

*- Mēìa i te ūa oko, u haakoè te hakāìki i te koìka.

*- À cause des fortes pluies, le maire a annulé la fête.

b) – Un verbe suivi de particules modales (mai, atu, etc.)

*- U tihe mai Tāporo i tīnahi.

*- Le Tāporo est arrivé hier.


2) – Expression de l’état accompli : une action future peut être envisagée comme étant accomplie dans le cas des actions programmées, des modes d’emploi ou des recettes de cuisine ; l’énoncé se traduit alors par un futur ou un futur antérieur :

*- Ia tihe mai òe oìoì, ua hee au./*- Demain, quand tu arriveras, je serai parti.

Dans la Légende de la Création des îles Marquises, Atea dit à Atanua :

*- « Epō te eke o te òumati, ua tū te haè »./*- « Avant le lever du soleil, la maison sera érigée. »

 

027 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « I »

Elle remplace systématiquement la particule « UA/U » dans les énoncés révolus où celle-ci n’est pas en position initiale. En effet, on se trouve alors non plus en face d’une proposition principale mais en face d’une proposition subordonnée qui provoque cette mutation de « UA/U » en « I ».

(Remarque : le même phénomène se produit en tahitien comme on peut le constater page 45 de « Structure de la langue tahitienne », Gilbert Lazard et Louise Pelzer, Éditions Peeters, 2000.)

1) – Dans les phrases négatives :

*- Aê au i hee i Hakahau. / Je ne suis pas allé à Hakahau.

(Dans la langue orale, la forme est raccourcie à l’extrême et le « i » est glottalisé et renforcé : Aî ìte ! Sais pas ! /Pas vu ! (Pour : Je ne sais pas. / Je n’ai pas vu.)

2) – Dans les constructions relatives introduites par « TA » :

*- O īa te vehine ta ù i vae. / Voici la femme que j’ai choisie.

3) – Dans les énoncés attributifs commençant par « NA » :

*- Na te upokohaatee i peàu. / C’est le directeur qui l’a dit.

4) – En cas d’emploi de la conjonction hypothétique « ANOA » :

*- Anoa òe i hakaòko mai, e mokai òe. / Si tu m’avais écouté, tu aurais réussi.

5) – En cas d’emploi de la particule postverbale anaphorique (de rappel) « AI », elle marque l’aspect résultatif et permet de constater, au moment de l’énonciation, le résultat d’une action antérieure :

*- Ua topa te mahaì me io he tumumako, i hati ai to īa vaevae.

*- Le garçon est tombé du manguier et (alors) il s’est cassé la jambe.


Remarque :

Cette fonction résultative de « I » est flagrante quand on compare les deux exemples suivants :

a) – Ua kaò òe i hea ?

On interroge simplement l’interlocuteur sur l’endroit où il se cachait.

b) – I kaò òe i hea ?

Le « I » initial insiste sur la durée de l’absence jusqu’au moment où l’interlocuteur réapparait.

 

028 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « IA » :

Elle a deux fonctions :


1) – Elle exprime le mode optatif, qui expose un vœu ou un souhait :

*- Ia koakoa òe i to òe koìka hānau ! / Litt. : Que tu sois heureux pour ton anniversaire = Joyeux anniversaire !

2) – Elle matérialise le moment où une 1ère action est suivie d’une 2ème et se traduit par « quand/lorsque » :   IA_1____/_2____


a) – Notion habituelle :

*- Ia topa te pō, e haauà i te tau àma.

*- Quand la nuit tombe, on allume les lumières.

b) – Notion future :

*- Ia tihe òe i Fatuiva, e āpuu tu ù kui ia òe.

*- Quand tu arriveras à Fatuiva, ma mère t’accueillera.

 

029 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « OI » (parfois prononcée « ÒI »)


Elle exprime l’aspect postfactif qui matérialise une action se déroulant à la suite d’une autre :

1_____/OI__2_____

*- A hee ponihoo oi topa te ūa !

*- Litt. : Pars/partez vite, après il va pleuvoir.

>>> Pars/partez vite avant qu’il pleuve !

Remarques :

1) – Malgré sa concision pratique, OI est souvent remplacé par EPŌ TE de nos jours dans la langue orale :

*- A hee ponihoo, epō te topa te ūa.

2) – De même, la confusion entre ces structures se manifeste fréquemment par l’emploi de TE ou de E après OI :

*- A hee ponihoo oi te topa te ūa ;

*- A hee ponihoo oi e topa te ūa.

 

030 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « MEI »


Elle exprime le mode proximatif indiquant que l’action a failli (ne pas) se produire :


1) – Forme affirmative :

*- I to mātou kouteeìa i Ua Pou, mei topa to ù mahaì io he tai.

*- Au cours de notre traversée vers Ua Pou, mon garçon a failli tomber à la mer.

2) – Forme négative :

*- Pēhea òe ? Mei koè au i ìte ia òe.

*- Où vas-tu ? J’ai failli ne pas te voir.


031 – GROS PLAN SUR… La particule préverbale « OA »


Elle exprime le mode préventif empêchant une action de se réaliser ; en français, elle s’emploie dans les propositions finales (ou de but) négatives, et se traduit par « de peur que, afin que ne …pas » :

*- A tāmau meitaì i to ôtou pānutu oa hemo i te mate ikoiko.

*- Fixe bien ton masque afin de ne pas attraper la covid19.

*- U humuìa to ù ihovare oa rere.

*- Mon cheval a été attaché de peur qu’il ne s’enfuie. (ou bien : afin qu'il ne s'enfuie pas/pour pas qu'il s'enfuie.)

Remarque :

Malgré cette règle, on entend fréquemment « OA E… » au lieu de « OA » tout seul :

*- U humuìa to ù ihovare oa e rere.

 

À SUIVRE…

© Te Haè tuhuka èo ènana - Académie marquisienne – Tūhua/juin 2021

 

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