MEI ou ME I ? POURQUOI DEUX ORTHOGRAPHES ?
À la fin du XVIIIème siècle, lorsque les étrangers ont commencé à écrire le marquisien, leur oreille les a conduits à commettre des erreurs de graphie qui perdurent jusqu’à notre époque. C’est particulièrement le cas pour le mot « MEI » employé comme préposition de lieu ou comme conjonction. Dans cet article, l’Académie marquisienne donne les éclaircissements ouvrant sur une nouvelle graphie qui devient la norme académique.
I) – Le mot orthographié MEI n’a qu’une seule signification :
A) – Le MEI, c’est le fruit de l’arbre à pain (qui se dit aussi parfois MEÌ) .
*- Ua hee mātou i te mei òu no te kānea mā.
*- Nous sommes allés cueillir des fruits à pain pour préparer du mā.
*- E toù a Teiki mei i paa.
*- Teiki a trois fruits à pain qui ont muri.
B) – MEI (Mei), c’est désormais le nom du mois de décembre de notre calendrier, période de la grande récolte de fruits à pain (MEI NUI) :
*- I tēnei èhua, e pō e ùa to mua â o Mei.
*- Cette année, le 1er décembre tombe un mardi.
Ou bien :
*- E hei ananu te pō 25 no Mei te Koìka Pō.
*- La Fête de Noël tombe toujours le 25 décembre.
II – La conjonction ME + I/IA/IO véhicule une notion de grande PROXIMITÉ ; on l’utilise dans les cas suivants.
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CONJONCTION « ME » |
EXPLICATIONS |
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ME I/IA + nom/pronom |
ME I/IA se traduit par MÊME + nom/pronom dans les phrases affirmatives, et par NI… NI… dans les phrases négatives. On constate donc une PROXIMITÉ de SITUATION positive ou négative. |
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ME I/IO + LIEU |
ME I se traduit par D’OÙ. Il précise l’origine ou l’endroit D’OÙ l’on vient, dont on est PROCHE, AVEC lequel on est connecté ; on constate donc une PROXIMITÉ DE LIEU. |
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ME I + VERBE |
ME se traduit ici par FAILLIR qui exprime une action PROCHE de se réaliser ; on constate donc une PROXIMITÉ DE SITUATION. |
1) – ME I/IA + nom/pronom
*- Me i nā motuakui, me i te tau tōìki, me ia ù, me ia Tāhia, ua hemo i tēnei mate iòiò kovi 19.
*- Même les parents, même les enfants, même moi, même Tahia ont attrapé la Covid 19. / Les parents aussi bien que les enfants, moi et Tahia ont attrapé la covid 19.
*- Mea kōhii nui tēnei ava nohotita ; aê he ènana e koakoa, me i te poì àvaika, me i te poì taùnanu, me i te poì hanaìma…
*- Cette période de confinement est problématique ; personne n’est content, ni les pêcheurs, ni les cultivateurs, ni les agriculteurs.
2) – ME I/IO + LIEU
*- Me i hea mai òe ? Me io he haèhoko au.
*- D’où viens-tu ? Je viens du magasin.
*- Ua taki au i te tau māmaì me i òto o te tiha.
*- J’ai retiré les œufs (de l’intérieur) du carton.
3) – ME I + VERBE
*- Me i topa te pāriri io he kaavai.
*- La voiture a failli tomber dans la rivière.
III – La conjonction ME + TE/HE véhicule une notion de grande PROXIMITÉ ; on l’utilise dans les cas suivants :
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CONJONCTION « ME » |
EXPLICATIONS |
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ME + NOM/PRONOM |
ME se traduit par AVEC ; or, lorsqu’on se trouve AVEC quelqu’un, c’est qu’on en est PROCHE. On constate donc une situation de PROXIMITÉ DE LIEU entre personnes. |
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ME TE + NOM |
ME se traduit par AVEC et RELIE deux éléments qui sont désormais PROCHES. On constate donc une situation de PROXIMITÉ DE LIEU entre personnes ou choses. |
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ME HE + NOM |
ME se traduit par COMME ; or, lorsqu’on est COMME quelqu’un, on est PRESQUE cette personne. On constate donc avec lui/elle une situation de PROXIMITÉ D’IMAGE. |
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ME HE MEA + particule préverbale + verbe |
ME HE MEA se traduit par COMME/SI selon le cas. Dans la continuité de l’exemple ci-dessus, ME HE MEA introduit une action verbale qui SE PRODUIRAIT (SERAIT PROCHE) ou SE PRODUIT (EST TRÈS PROCHE) à une certaine condition. On constate donc une PROXIMITÉ de SITUATION. |
1) – ME + NOM/PRONOM
*- Ua tihe Mata me Ūatahi i tinahi.
*- Mata et Ūatahi sont arrivées hier.
*- Enā te tau tōìki io he tohua keuìa ; ua kātahi Tāhia me âtou.
*- Les enfants sont sur l’aire de jeux ; Tāhia s’est jointe à eux.
2) ME TE + NOM
*- A humu te ihovare me te tōuà !
*- Attache le cheval avec la corde !
3) – ME HE + NOM
*- Ua kata teâ ènana me he kōea.
*- Cet homme rit comme un fou.
4) – ME HE MEA + particule préverbale + verbe
*- Me he mea e vavaò mai òe, e tihe au.
*- Si tu m’appelles, je viendrai.
On peut consulter l'article en marquisien en cliquant sur ce lien.
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